II était une
fois...
Un petit hameau encombré de dunes
mouvantes, presque inaccessible. Quelques chaumières le long
d'un étier et autour de la chapelle de Saint-Sébastien abritent
paludiers et paysans. Nous sommes au milieu du XIX ème siècle et
ce village va connaître une transformation fulgurante avec
l'arrivée de nouveaux voyageurs. En effet, sous l'impulsion de
la médecine hygiéniste prônant les bienfaits de l'air marin et
des bains de mer ainsi que des romantiques en quête d' évasion,
un tourisme balnéaire commence à donner une note différente au
rythme des saisons. L'amélioration des voies d'accès et l'arrivé
du chemin de fer ( à Saint-Nazaire en 1857 et à Pornichet en
1879), enfin l'automobile au début du XX ème vont favoriser
considérablement son essor. De nouveaux propriétaires
construisent des villas, puis se mobilisent avec la population
locale pour que Pornichet soit érigée en commune à partir des
communes d'Escoublac au nord-ouest et de Saint-Nazaire à l'est.
C'est chose faite le 9 Avril 1900. Le 13 mai se déroule le
premier conseil municipal. Pornichet est née.
Le quartier Sainte Marguerite...
En 1880, Charles Mercier, avocat
parisien, achète au comte de Réaulx une vingtaine d'hectares de
dunes entre Bonne Source et Chémoulin. Il les divise en
lotissements pour les vendre et baptise ce quartier
Sainte-Marguerite du nom de la patronne de sa fille. Sur pr è s
de 3 hectares, il se fait construire, par l'architecte Van Den
Broucke, une villa qu'il appelle Ker Juliette du prénom de sa
femme. Ch. Mercier fit de celle-ci un témoin privilégié de
l'histoire de Pornichet, de ses évolutions, puisqu'elle a
traversé le siècle en s'adaptant sans cesse à son époque.
Ch. Mercier, qui devint le premier
maire de Pornichet (1900 - 1908), ouvre en 1895 l'hôtel de la
plage fréquenté en grande partie par une clientèle
anglo-saxonne, associé à Ernest Ortmans,. un fabricant de
produits chimiques originaire de Liège (Belgique), et Charles
Spiers, un commissaire en marchandises, fils du célèbre général
britannique, pour édifier sur la plage de Sainte-Marguerite cet
hôtel de style anglais.
Les grands noms du siècle passé,
en villégiature à Sainte-Marguerite
Grâce à la notoriété de ces trois
hommes, Sainte-Marguerite devient rapidement un haut lieu du
tourisme balnéaire, accueillant une clientèle cosmopolite
constituée de personnalités telles que l'actrice Sarah
Bernhardt, la reine de Madagascar, Ranavalona III, ou encore le
comte de Zeppelin. Ils s'associent également pour créer un
lotissement fréquenté par des notables fortunés, répondant à un
cahier des charges très strict afin de préserver la douceur de
vivre de ce quartier.
Le lotissement Mercier existe
encore au-dessus de la plage de Sainte-Marguerite et se
singularise avec ses avenues en terre: ces villas furent
fréquentées par Henri et Jean Becquerel, le père prix Nobel de
physique, et le fils qui lui succèda à la chaire de Physique du
Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, le compositeur Alfred
Bruneau, l'organiste Marcel Dupré, le comédien Albert Carré,
directeur de l'Opéra Comique puis de la Comédie Française, avec
sa femme Marguerite, soprano...