Né à Bourges vers 1400, fils d'un
marchand,
Jacques Coeur connaît une ascension sociale
vertigineuse qui provoquera aussi sa chute...
Anobli en 1441 par le roi Charles VII, il est à la tête
d'un négoce prospère en Méditerranée, lorsqu'il entreprend la
construction de ce qu'il nomme sa «grant maison».
Ce terme désignait autant les dimensions hors du commun de
l'édifice que la somptuosité du décor, emblématique de ses activités
commerciales et industrielles, de sa richesse et de ses liens avec le
pouvoir royal.
Comme la Cathédrale et le Palais du Duc Jean,
la demeure est appuyée sur l'ancien rempart gallo-romain, qui
détermine une importante dénivellation, habilement utilisée pour faire
d'une des tours,
siège d'un fief, un donjon dominant le corps de logis.
Du côté opposé, l'hôtel se trouve de plain-pied avec la ville haute.
La maison déploie ainsi un plan en quadrilatère irrégulier,
dont les bâtiments entourent une cour intérieure et présentent leurs
deux belles façades à l'est et à l'ouest.
A l'est, la façade principale présente un pavillon avec
portes charretière et piétonne et chapelle à l'étage, évoquant un
châtelet d'entrée.
Son décor porte coquilles et coeurs, armes parlantes de Jacques Coeur,
auxquels se mêle la fleur de lys, emblème du roi.
De chaque côté d'un balcon couvert d'un dais de pierre, qui abritait
autrefois la statue équestre de Charles
VII, apparaissent dans deux étonnantes fausses fenêtres, les
sculptures de deux personnages accoudés, l'un à gauche, l'autre à
droite.
La recherche d'un certain confort est concrétisée par les
circulations à l'intérieur de l'édifice, facilitées par des escaliers
(liaisons verticales) et des galeries à tous les niveaux (liaisons
horizontales), ainsi que par les nombreuses cheminées, latrines à portée
des chambres, accès direct entre les chambres et des étuves alimentées
en eau chaude et dotées d'un vestiaire particulier.
Achevée en 1450, son architecture
unique échappe à toutes les classifications, tenant à la fois du logis
seigneurial et de l'hôtel urbain entre cour et jardin, tel qu'il se
développera en France à la Renaissance.
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